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Au
sein de chaque milieu naturel de référence chaque
caractéristique (ensoleillement, ombrage, relief,
espèces végétales en
présence, humidité, cavités,
matière organique en décomposition, hauteurs,
âges et diversité des
végétaux...) a une fonction propre utile
à une faune qui dépend justement de ce milieu.
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Rien
n'est inutile et
en l'absence de l'une ou l'autre de ces caractéristiques, ce
sont des chaînes alimentaires entières qui
disparaissent
(exemple de l'absence de bois mort au sol ou sur pied dans nos parcs
urbains).
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Un
espace ne sert à rien pour la faune et la flore si les
fonctions propres à son milieu naturel
référent ne sont pas assurées, ce
qui est le cas de nombreux espaces verts urbains (et agricoles
également) qui présentent des gazons ras,
quelques
malheureux arbres isolés, ou des massifs de plantes
horticoles
ou exotiques, non présentes en milieux naturels
régionaux.
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Pour éviter cela, les espaces
verts urbains doivent tendre vers leurs milieux naturels
référents
: avec une flore régionale (plantes,
arbustes et arbres) diversifiée, d'anciennetés
différentes, avec la présence de nombreuses
strates végétales et de biotopes (arbres de haute
tige, arbustes, strates herbacée, strates grimpantes,
milieux de rocaille, zone humides) sur un même espace et la
présence de l'ensemble des typologies de milieux
naturels de substitution à
l'échelle du territoire. C'est vrai pour l'ensemble de nos
espaces, il faut y laisser croître la flore
indigène, régionale, locale. Un simple exemple, les toitures
végétalisées qui voient leur surface
considérablement augmenter en ville mais qui sont mises en
oeuvre avec des plantes horticoles, peu utiles à la faune
locale. Quelle perte !
-
Par ailleurs, les phytosanitaires chimiques
(pesticides, insecticides) affectent très
profondément l'utilité écologique des
espaces (là
où il n'y a plus d'insectes, ni de
végétaux spontanés il n'y a plus de
chaîne alimentaire donc plus d'oiseaux ni de vie...). Des tontes et tailles non
respectueuses des cycles naturels (floraison,
fructification) interrompent également l'utilité
écologique des végétaux pour les
animaux qui s'en nourrissent, qui utilisent leur matériaux
pour leur reproduction ou s'y reproduisent directement... Cet entretien
intensif empêche également l'expression
végétale. Un
entretien "trop propre et trop net" nuit
également à la fonctionnalité
écologique des espaces : pas de bois morts, pas de feuilles
mortes, pas de végétation spontanée,
pas de boue, de flaques... et nous voilà en milieu
artificiel. Enfin, des
espèces végétales non
adaptées (horticoles ou exotiques)
ne font plus office que de décor vert, dans laquelle la vie
animale ne viendra plus se nicher ou se nourrir.
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introduire des essences
végétales régionales,
-
diversifier
les
caractéristiques du milieu accueillant : - de
grands et de petits arbres d'espèces et d'âges
différents - toutes les hauteurs de plantes ainsi que les
plantes grimpantes - les plats, pentes et trous au sol - des zones
d'ombres et des zones de soleil - de la rocaille - de la
matière organique morte en abondance (bois mort, feuilles
mortes...)
-
proscrire
définitivement les produits chimiques,
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respecter
les cycles de reproduction pour la taille, la fauche ou la
tonte, afin de permettre
l'enracinement et la
réalisation du
cycle naturel jusqu’au bout : graine, germe,
plantule,
plante, fleur et pollen pour la plupart, et fruit, baie, graine...
-
privilégier
les associations végétales utiles,
complémentaires les unes par rapport aux autres (lutte
biologique par exemple ou encore plante haute qui va servir de support
à une plante grimpante, ou qui va faire de l'ombre
à une
autre un peu trop sensible au soleil...);
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s'assurer
d'une terre profonde, drainée, pas trop argileuse,
aérée, renouvelée naturellement (par
la matière organique en décomposition), bref une terre
vivante pleine d'insectes,
d'invertébrés, de lombrics, de
systèmes racinaires de micro organismes, de sels
minéraux...
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permettre
la reproduction spontanée des
végétaux avec la pollinisation, la
fructification, le développement des stolons, des
rhizomes… grâce aux insectes pollinisateurs ou au
vent, et à tout ce qui peut être support de
déplacement passif ou actif et qui doit être
présent (mammifères, oiseaux, eaux de
ruissellement, etc...). c'est la prise en compte des
échanges écologiques
végétaux qui eux aussi doivent avoir leur
corridor écologique.
-
réduire
les plantes invasives comme la renouée du japon
qui s'installe et se développe en "chassant" les autres
plantes.
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En milieu urbain comme ailleurs, pour la faune, un
territoire de vie, c’est celui qui répond
à tous les besoins. On voit bien que toutes les espèces
animales ont besoin de trouver plusieurs types de milieux sur leur
territoire de vie. Si un territoire donné n’offre
pas à une espèce l’ensemble des
fonctions qui lui est nécessaire (nourrissage, reproduction,
repos, déplacements…), il ne peut
l’accueillir et l’espèce en question
part. Lorsqu’elle ne trouve pas ailleurs d’autres
milieux hospitaliers, son nombre décroît et elle
peut disparaître. Certaines espèces ont donc
besoin d'un large territoire pour réunir toutes ces
fonctionnalités (peut-on ainsi mesurer la taille du
territoire des oiseaux migrateurs ?), ne serait-ce que pour le
hérisson, on parle de plusieurs hectares (et
sûrement pas d'un petit jardin s'il n'est pas
relié au reste du territoire).
1.
Qu'est-ce qui fait nourriture :
Partout,
en tous lieux, ce qui fera nourriture sera issu de la matière
organique végétale (morte ou vivante),
et de la matière
organique animale (morte
ou vivante). Mais par typologie de milieux, les ressources
seront différentes, et par conséquent les
chaînes alimentaires et les espèces. Ce qui
définira les premiers maillons de ces chaînes
alimentaires entraînera toute la suite, et ce de
façon caractéristique par milieu. C'est donc la
biomasse végétale caractéristique de
chaque milieu tout d'abord, et son lot d'insectes
inféodés qui déterminera les menus
alimentaires propres à chaque milieu.
En
milieu forestier, par
exemple, une grande partie de cette ressource
végétale est issue du bois
mort (un régal pour les insectes
dévoreurs et micro-organismes décomposeurs de
bois, eux-mêmes festins d’autres
prédateurs). En ville, il faut laisser en place ces
éléments végétaux en fin de
cycle, afin qu'ils jouent pleinement leur rôle
dans les chaînes alimentaires. Les feuilles des arbres et arbustes, des plantes de sous-bois
et de plantes grimpantes d’une forêt de feuillus
sont une ressource importante également, encore faut-il
qu’elles soient diversifiées, issues
d’arbres d’espèces et de hauteurs
différentes (soit d’âge
différents) et de variétés
locales. Tout ensuite est utile, l'écorce, le pollen, les
mousses... et ensuite, la faune végétarienne sera
elle-même proie d'une faune carnassière... Et
l'une des sources de nourriture importante est notamment les insectes,
les larves, c'est à dire l'ensemble des
invertébrés.
En
milieu bocager, intermédiaire, ce sont les baies
et graines des arbustes qui sont une ressource alimentaire
importante pour la faune, de même que leur feuillage
et leur bois. Ainsi, il ne faut pas de taille qui
empêche la fructification, et seuls des arbustes bocagers
(toujours issus du terroir) pourront servir à
volonté les fruits et graines, à chaque saison de
l’année. Là encore, la
complémentarité avec une strate
herbacée est nécessaire pour diversifier
l’offre de ressources alimentaires (et de nidification, de
repos, de déplacements…).
En milieu
ouvert de type prairial, ce sont les plantes qui font
office de réserve alimentaire, pour les
mammifères herbivores, mais aussi pour les
invertébrés, les oiseaux. Leurs feuilles, leurs
graines sont recherchées de même que leur nectar
(pour d’autres motivations, certes). Il faut donc leur
permettre de faire l’entièreté de leur
cycle naturel.
En milieu
humide,
cela peut aller de la rosée préservée
dans la feuille d’une plante comme le cabaret des oiseaux
(cardère) ou le creux d’un arbre, à la
mare, l’étang, la
rivière…là encore, tout est
nourriture et boisson : eau, plantes, plancton,
invertébrés…Il est donc important de
préserver des berges à pentes douces pour
accéder à la ressource en eau en
évitant tout risque de noyade pour la petite faune.
Enfin, en
milieu de rocaille, ce sont essentiellement les plantes, insectes et
reptiles qui serviront de nourritures aux hôtes de ces lieux.
On vient quand même plutôt y rechercher des espaces
de reproduction et de refuge.
Par
exemple,
l’espace de nourrissage du hérisson est
l’espace qui lui apportera sa nourriture quotidienne, ce qui
peut sur la durée d'une année, recouvrir
plusieurs hectares. Un tas de compost, par exemple, peut être
une source alimentaire importante pour cette espèce avec son
lot d'invertébrés décomposeurs mais
elle restera largement insuffisante, elle participera simplement des
ressources de ce petit mammifère.
Les
insectes
volant au dessus d’une haie de quelques dizaines de
mètres de long présentent un source de nourriture
certaine pour des chauve-souris ou des hirondelles.
Pour
le
héron, sa pêche quotidienne s’effectue
dans un réseau d’étangs et de mares
qu’il fréquente et au sein desquels il peut se
tenir debout, visant sa proie avec son long bec.
Enfin, les
espèces carnassières selon leur mode de chasse
doivent pouvoir guetter pour observer et attaquer leur proie. Certaines
choisissent le piège, comme l’araignée
mais d’autres sont tapies ou en retrait pour
attaquer : le poteau, la barrière le long
d’un champ permet d’observer les petits
mammifères qui traversent une prairie.
Et
d’autres espèces qui cherchent au sol leur repas
d’invertébrés ou de graines, ne
s’aventureront jamais loin d’un bosquet ou
d’une haie dans lesquels elles trouveront refuge au moindre
bruit.
   
2. De quoi est
constitué un lieu de reproduction ?
Ce sont les
espaces où l’on fait son nid, son terrier,
où l’on fraye.
Dans l'eau comme en
sous-sol, au sol, dans des arbustes, des arbres, des cavités
artificielles ou naturelles... chacun aura son mode de reproduction
adapté. Certaines espèces construisent cet
espace : du bois, des brindilles, de la boue, de la mousse
sont ainsi nécessaires. D’autres profitent
d’une cavité naturelle ou d'un nid
abandonné. D’autres creusent… Ces
espaces sont d’une diversité infinie. Tout
recoin, tout espace de tranquillité et de
camouflage, à l’abri des intempéries ou
des prédateurs, avec de faibles variations de
température, est potentiellement un lieu de reproduction
d’une espèce, en fonction de sa taille, de son
mode de déplacement, de son milieu d'origine et des
ressources avoisinantes.
En
milieu
forestier, il faut laisser sur pied des arbres morts
(sénescents) qui deviennent des refuges pour les pics, les
mésanges et autres oiseaux cavernicoles. Le relief
d’un tronc, la tendresse d’un bois, la
densité d’un fourré, un bord d'eau
végétalisé facilitent
l’élection du lieu de ponte pour un oiseau, un
batracien, un reptile ou un poisson ou de mise bas pour un
mammifère.
En
milieu intermédiaire, arbustif, pour qu’un oiseau niche
dans une haie ou dans un fourré (fauvette, rouge-gorge,
merle, bergeronnette…), il faut que la
végétation soit bien dense, épaisse,
qu’elle le protège de ses éventuels
prédateurs, qu’elle le rende invisible.
En milieu
prairial,
la
diversité de hauteur des plantes permettra la construction
d'un cocon accroché à une tige ou d'un nid au sol
ou un encore un simple cailloux abritera une fourmilière.
Une
déformation de tige ou la feuille d'une plante
enroulée sur elle-même indiqueront la
présence d'une chenille ou d'une larve à
naître. Un trou dans le sol grâce à un
relief indiquera un terrier de mammifères ou d'insectes,
selon sa largeur.
En
milieu de
rocaille, ce sont les interstices, les cavités
qui
accueilleront la nidification des oiseaux cavernicoles, facilement
repérables aux traînées de fientes
blanches qui s'en échappent.
En milieu
aquatique terrestre, si la berge en pente douce est
nécessaire au nourrissage, son pendant qui
apparaît dans les méandres des
rivières est la berge haute terreuse, prise quelques fois
dans un entrelacs de racines arborescentes qui la soutienne. Ces berges
hautes terreuses permettent à des espèces de
creuser leur nid comme le martin pêcheur, ou, sur le bord
d’une ancienne carrière d'argile,
l’hirondelle des rivages. Certains poissons
déposent leurs oeufs dans des herbes aquatiques,
protégées de grandes variations de niveaux
d’eau ou d’une fréquentation importante,
mais pour d’autres ce sera sous une pierre
immergée.
L’abeille
solitaire dépose ses oeufs dans des nichoirs individuels qui
se présentent comme des tunnels, tiges creuses de
cardères ou trou dans du bois. Le castor construit un abri
de branchage, accessible par un passage sous l’eau, pour
mettre bas et élever ses petits, le faucon
préférera la cavité offerte par le
rocher en hauteur, le râle des genets nidifiera en milieu
ouvert, la fauvette dans un fourré dense, la chauve-souris
dans de larges cavités….
Enfin,
toutes les espèces présentes sur notre territoire
à un moment de l’année, ne se
reproduisent pas forcément par ici. Elles peuvent choisir
d’autres latitudes pour cela vers lesquelles elles migrent,
mais auront besoin pour autant de leurs espaces de repos, de refuge, de
nourrissage pendant leur présence ici…
    
3.
De quoi est constitué un lieu de repos ?
Pendant
les moments de la
journée où l’on ne chasse pas, il est
possible de faire la sieste par exemple pour les rapaces nocturnes dans
le feuillage dense d’un résineux. Le sommeil
animal n’a pas forcément lieu dans le nid ou le
terrier qui sont souvent abandonnés après la
période de reproduction. Certaines espèces, en
dehors des périodes de nidification, retrouvent des
comportements grégaires et rejoignent des dortoirs
collectifs qui exigent d’importantes capacités
d’accueil notamment dans les grands arbres, les
fourrés (étourneaux, chauve-souris…).
Un lieu de repos est donc constitué de ce qui peut faire
protection (hauteur, camouflage) et tranquillité
(à l'abri des prédateurs, de la
lumière, du bruit...).
Et
en plus, il
faut trouver des espaces pour guetter, jouer, courir, nager, pour faire
son apprentissage !!
4. Qu'est-ce qu'un lieu
d'hibernation et qu'est-ce qu'un lieu d'hivernage?
Les
lieux d’hibernation
sont des lieux qui protégeront des
températures hivernales les plus basses pour des
espèces qui ne migrent pas et pour autant ne survivraient
pas aux abaissements drastiques de la température.
Le
hérisson hiberne, sous un tas de bois par exemple, la
chauve-souris dans une cave ou une grotte
légèrement humide, les tritons ou les
grenouilles, les crapauds dans un trou au pied des arbres, recouverts
de
feuilles, dans un tas de bois… Certains papillons hibernent
également comme le paon du jour.
Les
espaces d’hivernage
sont ceux vers lesquels se déplace une
espèce migratrice quand vient l’hiver et
là on parle essentiellement des oiseaux.
5. Et enfin, qu'est-ce qui
est support aux déplacements.
Pour
un animal,
aller de l'espace de nourrissage à l'espace de repos
puis à l'espace de reproduction nécessite une
voie d'accés d'un lieu à l'autre. Ces
liaisons
appelées corridors écologiques sont
indispensables au bon fonctionnement écologique des
territoires, et aux mélanges
génétiques. Selon les espèces, ces
corridors seront de taille et de nature
différentes : ils doivent offrir une
continuité végétale et une
stabilité de matériaux, de
température, de lumière,
d’humidité qui correspondent aux milieux
généralement fréquentés par
des espèces données. Ainsi, un corridor
écologique généraliste doit notamment
présenter différentes strates
végétales (arbres de haute-tige, arbustes, ourlet
herbeux) et un sol de pleine terre, (ce que, signalons-le au passage,
ne constituent pas les arbres d'alignement).
Le
crapaud
se reproduit dans les zones humides et, en dehors de cette
période, vit dans des espaces plus boisés.
L’attrait irrésistible de l’amour lui
fera traverser la distance nécessaire pour rejoindre la mare
ou l’étang qui l'a vu naître. Nombre de
crapauds
meurent ainsi chaque année sur les voies de
circulation humaines. Dans ce cas précis, le corridor
écologique du crapaud est l’espace au sol qui lui
permet de se déplacer temporairement et sans danger, et peut
se
manifester comme une interruption de circulation occasionelle.
Le
détroit du Nord-Pas-de-Calais, est un corridor
écologique majeur pour les espèces migratrices
qui se déplacent de l’Europe du Nord à
celle du Sud, ou qui vont jusqu’en Afrique. Le Cap
Gris-nez sert de repère important dans les
déplacements au sein de ce corridor aérien.
Une
haie, un
bois, un champ ouvert, tout ce qui ne fait pas obstacle et qui pour
autant protège des prédateurs est un corridor
écologique.
Sur
des
territoires hyper-fragmentés, aux espaces hostiles
à la faune, la préservation et
l’aménagement de ces passages sont
indispensables : passages à faunes,
éco-pont…
La
prise en
considération des trajets de petites et longues distances
des animaux est indispensable à tout projet
d’aménagement de territoire.
Enfin,
on parle de corridors généralistes quand il
s'agit de faire passer par cet espace un certain cortège
d'espèces de façon à renforcer la
globalité des échanges entre deux espaces.
    
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