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C'est
avant tout un milieu "hyper
fragmenté" ou "hyper morcelé", au
nombre incalculable de parcelles, petites et grandes
imbriquées. Souvent séparées, les unes
des autres par des obstacles quasi infranchissables pour la faune
terrestre (hauts murs, clôtures, bâtiments, routes,
canaux...) , les parcelles sont mal connectées les
unes aux autres en raison de ces obstacles.
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C'est
également un milieu
"hyper minéralisé" : il reste peu
d'espaces de pleine terre. Les bâtiments, les routes, les
parkings, les cours d'école... le minéral domine
et laisse à la végétation des espaces
véritablement résiduels. A cet égard,
il faut noter l'importance des friches urbaines de notre
région du Nord-Pas-de-Calais dans ce qu'elles
représentent d'espaces de pleine terre ou d'espaces
d'accueil faune-flore non comptabilisés comme tels (alors
que bien réels). Leur futurs aménagements
pourraient donc représenter une terrible perte de
capacités d'accueil faune-flore urbaines en
région, s'ils n'intègrent pas cette contrainte
écologique liée à leurs
capacités d'accueil actuelles. A suivre...
notamment les cahiers des charges de ces futurs aménagements
pour y suggérer un certain % de plein terre à
respecter.
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En
milieu urbain, il fait plus chaud qu'en
milieu rural. On parle généralement de
2 ou 3 degrés de plus. D'abord parce qu'il y fait plus sec,
et donc c'est un milieu qui connaît
l'été des pics de chaleur plus
élevé qu'en milieu rural, plus humide en raison
de sa végétalisation plus importante. L'hiver, ce
sont les déficits thermiques de nos bâtiments et
de nos activités industrielles qui réhaussent la
température globale.
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Le
vent n'y fait pas les mêmes
trajets qu'en milieu ouvert. On peut trouver
notamment des couloirs venteux spécifiques
à la ville, en raison d'alignement de hauts immeubles,
rendant difficile certaines végétalisations.
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La
pollution de l'air (et par
conséquent du sol) y est importante, elle est
essentiellement due au trafic routier, mais dans notre
région, les rejets "air" industriels sont loin
d'être négligeables, notamment sur les villes du
littoral flamand, comme ils l'ont été dans le
bassin minier ou dans les villes textiles qui fonctionnaient au
charbon. Cette pollution se dépose sur les espaces de pleine
terre, ou sur les espaces minéraux et est
lessivée par les pluies qui entraînent ces
hydrocarbures ou ces métaux lourds vers les nappes
phréatiques. Cette pollution des sols est
particulièrement importante sur les friches industrielles et
il n'est pas rare que des tests de qualité organique
révèlent des taux anormaux de telle ou telle
substance. Il est d'ailleurs recommandé, avant de cultiver
où que ce soit, même avant de faire pousser
quelques légumes dans son jardin, de vérifier la
qualité écologique du sol, les sous-sols
étant en contact entre eux et ne garantissant aucune
barrière à la pollution. Autre source de
pollution, toujours d'actualité en Nord-Pas-de-Calais, celle
qui est issue des deux guerres et toujours enfouie : munitions,
explosifs....
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Enfin,
la pollution lumineuse fait
également de nombreux dégâts en ville.
En effet, tant les plantes que les animaux suivent une horloge
biologique interne qui est notamment régie par la
lumière (et l'absence de lumière). Il faut que le
noir se fasse pour que l'animal s'endorme, que la plante se ferme, que
leurs capacités de reproduction suivent des rythmes
naturels. Et l'éclairage artificiel des villes laisse peu de
place à cette obscurité.
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Autant
de parcelles, autant de
propriétaires, et encore plus de locataires et d'usagers. Autant
de codes de l'urbanisme, de règlements intérieur,
de savoir-faire, de goûts, de moyens, de capacités
de projets individuels ou collectifs... le tissu urbain est une
dentelle !
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Il
y a les espaces privés et
les espaces publics avec les espaces verts, les voieries,
les logements privés avec ou sans
copropriétés, les logements sociaux, les
bâtiments de bureaux, les bâtiments publics, les
jardins familiaux, les écoles, les administrations, les
friches, les squares, les voies sncf, les canaux, les zones
industrielles, les zones d'activités, les zones
commerciales, les autoroutes, les périphériques,
le métro, le bus, le tramway, les stations, les ronds
points, les égouts, les ponts, les quais...
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Il
y a ce qui relève de la Commune et du
code de l'Urbanisme, de la Communauté de Commune, du
Département, de la Région, ou du Conseil de
Quartier, de la copropriété ou du code du travail
ou de la DRIRE ou de la CCI ou de l'Académie...
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Quelle
complexité ! Combien
de personnes à toucher pour agir sur un hectare, combien de
leviers à soulever, combien de démarches
à effectuer ! C'est un travail de fourmi, rigoureux et
obstiné.
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Une
certaine faune a notamment au cours
des siècles trouvé auprès de l'homme
la concentration d'un certain nombre de ressources,
liées initialement à l'exploitation agricole du
territoire (bâtiments, mares, déchets, graines,
murailles, boue, paille...). L'hirondelle des fenêtres par
exemple, s'est extraite des falaises où elle accrochait ses
nids pour choisir de les poser à même
les bâtiments. La souris domestique, le moineau
domestique ont trouvé leur bonheur dans le voisinage de
l'homme.
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Puis
le phénomène urbain est
apparu avec notamment ses bâtiments dont
l'architecture fut adoptée par un certain nombre
d'espèces qui y trouvaient notamment les milieux
cavernicoles qui se raréfiaient en milieu naturel : choucas
des tours, effraie des clochers, martinets, chauve-souris, faucons...
Les formes architecturales convenaient à cet accueil :
greniers, soupentes, chêneaux, ornementations,
cheminées, balcons, pigeonniers, volets, puits, de
même que les matériaux : torchis, pierre, bois,
tuiles... En effet, l'ensemble de ces détails
présentaient des interstices, des fentes, des cachettes qui
étaient aussitôt investies.
Mais il ne suffisait pas de trouver un espace de
nidification pour survivre,
il fallait également à
proximité trouver un espace de nourrissage, le lot
d'insectes volants quotidiens, les graines, les
invertébrés du sol... donc
il fallait aussi des espaces de nature de
qualité à proximité au coeur de la
ville ou à sa toute proximité,
ce qu'offrait couramment la ville jusqu'à la
moitié du XXè siècle.
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Aujourd'hui,
les capacités cavernicoles
du bâti sont en récession.
Les matériaux
utilisés comme le béton, le verre ne
présentent plus d'interstices, les toits de tuiles sont
remplacés par des toitures terrasses gravier, et les formes
architecturales prennent la précaution d'exclure toute
accueil animal. On ferme les clochers et les caves. On
enlève les nids d'hirondelles. On ne supporte plus la
coexistence.
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Quant
aux espaces de nature, la
densification urbaine les a exclu de l'intérieur
des villes ou réduits à peau
de chagrin et l'étalement des villes a fait que les centres
urbains en sont de plus en plus éloignés.
La présence de petits jardins (et leur cortège
d'espèces animales et végétales
inféodées) n'est possible que dans les
périphéries. Quant aux parcs urbains, ils ont vu
leur surface diminuer au cours du XXe siècle (aujourd'hui
cependant les villes veulent généralement
augmenter leurs espaces verts et peuvent mener des politiques
volontaristes dans ce sens).
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On
notera notamment le faible taux
d'espaces arborés en ville, alors que ce sont les espaces
coeur de nature par excellence, avec les zones humides,
malheureusement souvent polluées dans les villes du
Nord-Pas-de-Calais.
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Les
habitats naturels urbains
disparaissent et avec eux une faune et une flore spécifique,
qui ne trouvent pas d'autres refuges : Hirondelle
de fenêtres, Moineaux domestiques, Verdier d'Europe, Paon du
jour, Carte géographique, Ecaille de tortue,
abeilles, Crapaud commun, Grenouille verte...
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D'autres
espèces plus
généralistes, capables de s'adapter
à des conditions fluctuantes et changeantes, très
invasives sont devenues nos fréquentations quotidiennes.
Sans prédateurs et sans concurrence pour les ressources,
elles sont appelées à prendre une place trop
importante, trop dominante : pigeon, étourneau
sansonnet, pie, merle, rats...
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N'étant
pas conçus
en fonction d'un milieu naturel référent
(cf, notre rubrique typologie des milieux
naturels), les espaces verts urbains sont souvent
de véritables décors verts, d'aucune
utilité à la faune et à la flore
locales (cf, fonctionnalité des
espaces de nature). Les parcs ne ressemblent pas
à des milieux forestiers, les squares ne ressemblent pas
à des milieux intermédiaires, les gazons sont
tous sauf des prairies, les bassins sont très
éloignés des zones humides et les
bâtiments ne ressemblent plus à des milieux de
rocaille de substitution (cf
notre rubrique typologie des milieux urbains de substitution).
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Sans
espaces forestiers, pas de bois mort, pas
d'arbres sénescent, pas de feuilles mortes, pas de
renouvellement de l'humus, pas de pics épeiche ni de
grimpereaux, ni d'éperviers, d'écureuils, de
hiboux, de chouettes hulotte...
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Sans
espaces de prairie, pas de lapins, pas de
fouines, de faucons crécerelle, de paons du jour, de
syrphes, d'abeilles, de musaraignes, de chouettes effraie...
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Sans
espaces intermédiaires de type
arbustif, pas de fauvettes, de rossignols, de rougegorges, de
troglodytes mignon, de chardonnerets, de bergeronnettes, de
mésanges, de pouillots fitis...
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Sans
espaces de rocaille, pas de rougequeues, de
choucas, de lézards des murailles, de chauve-souris...
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Et,
sans espaces humides, c'est l'ensemble des
espèces précitées qui ne peuvent
survivre, auxquelles se rajoutent les espèces typiques des
milieux aquatiques.
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Il
faut cependant noter la mise en place dans la
dernière décennie, et notamment en
région, de politiques de gestion des espaces verts publics
urbains en faveur de la biodiversité par des communes
volontaires : la gestion différenciée (cf,
mission gestion différenciée)
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