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Pour tout
représentant de la vie animale, il faut pouvoir se
rendre d'un espace d'hibernation à un espace de
reproduction, souvent distants l'un de l'autre. Il
faut pouvoir aller chercher des partenaires sexuels qui
permettent un certain brassage génétique. Il faut
pouvoir arpenter un territoire à la recherche de sa
nourriture quotidienne que le petit bosquet isolé ne saurait
apporter trop longtemps. Il faut donc que ces déplacements
soient possibles et ce à l'abri des prédateurs,
sur des trajets rassurants, qui sont formés des
matériaux, des matières que l'on a l'habitude de
fréquenter, sans rupture de température,
d'humidité, de nature de sol. En effet, toute modification
des caractéristiques de ce qui constitue le trajet reste
surmontable pour un mammifère ou un oiseau mais pas pour un
insecte rampant, ni même quelques fois pour un insecte
volant. Donc, il faut des corridors écologiques.
Les besoins et les
modes de déplacements, d'une espèce à
l'autre, d'une famille animale à l'autre sont bien
sûr très différents. Les corridors
écologiques également, selon l'espèce,
selon l'obstacle, selon les distances...
Les
théories de
l'écologie du paysage soulignent
que l'amélioration de la biodiversité
correspondra à l'expansion d'une biodiversité
existante et présente, depuis ce qui peut-être
identifié comme des espaces
sources de nature ou des coeurs
de nature vers des espaces de
développement via des corridors écologiques.
Définition
du terme "Trame verte" - Wikipédia
Définition
du terme "Réseau écologique" -
Wikipédia
Améliorer
la biodiversité
d'un territoire consistera à permettre que la faune et la
flore présentes sur ces espaces sources puissent
croître grâce à l'augmentation de leur
territoire de vie, via l'accueil sur de nouveaux espaces,
considérés comme des espaces de
développement potentiel. Ces espaces de
développement sont des espaces de nature pas trop
éloignés des espaces sources, ils auront
été identifiés
préalablement et généralement
améliorés grâce à des
aménagements et des modes de gestion adaptés.
Ensuite, pour permettre à la biodiversité de
l'espace coeur de nature de se déployer, il s'agira de
constituer la trame naturelle qui autorisera les
déplacements d'un espace à l'autre, via les
corridors écologiques.
Selon que l'on envisage un déploiement
global de biodiversité d'un espace à l'autre ou
plutôt celui d'une espèce cible,
particulièrement menacée par exemple, on mettra
en place des corridors écologiques
généralistes ou spécifiques.
Les corridors
généralistes sont
des continuités végétales de plusieurs
mètres de large, présentant plusieurs strates
(arborescentes, arbustives, herbacées, grimpantes), avec des
"accidents", des cachettes, des zones de repos... permettant tout type
de déplacements.
Un corridor spécifique
sera adapté pour une espèce ou une famille :
lianes, cimes, ourlet herbeux, crapauduc, passage à faune...
Un alignement d'arbres en ville n'est pas
un corridor écologique. Le
terme de corridor (dans son sens généraliste)
exige la présence des différentes strates et une
continuité de pleine terre.
Un corridor écologique peut
faire quelques mètres mais aussi plusieurs milliers de
kilomètres, notamment en aérien avec les
migrations des oiseaux. Excepté quelques rares
espèces qui peuvent ne jamais se poser pendant ces longs
voyages, ces trajets doivent pouvoir offrir gîte et couvert
à leurs hôtes de passage. Le détroit du
Nord-Pas-de-Calais est un corridor écologique majeur pour
ces migrations. Les marais attenants qui servent de lieu d'accueil
à cette population en déplacement, servent
malheureusement également de réserve de chasse...
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En
zone urbaine, ils sont
particulièrement nombreux. Réseaux
routiers denses, clôtures, murs et façades, voies
sncf, canaux avec leurs berges minéralisées, murs
de bruit, halos lumineux, passages ininterrompus de
véhicules, larges surfaces
minéralisées au sol... Cela porte
particulièrement préjudice aux espèces
se déplaçant au sol ou en sous-sol. Les
espèces volantes étant mieux armées,
encore faut-il que les déplacements entre leur
différents espaces fonctionnels ne soient pas trop longs. Un
oiseau ou une chauve-souris qui nourrit ses petits doit
généralement trouver sa nourriture, sa
quantité d'insectes par exemple, dans un
périmètre de moins de 1 Km.
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La
connectivité verticale entre les
espaces.
Les
échanges écologiques doivent avoir lieu entre le
haut et le bas d'un arbre ou d'un bâtiment comme ils le
feraient en forêt ou comme ils s'établiraient
entre le haut et le bas d'une falaise.
Quoiqu'il
arrive, entre le haut et le bas d'un arbre, il y a le tronc. Mais en
forêt, en plus, il y a une succession de
différentes strates végétales
qui jouent un rôle d'escalier : les plantes de sous-bois, les
arbustes, les jeunes arbres... et qui de plus sont reliés
par les plantes grimpantes, le lierre notamment, le
chèvre-feuille. Autant de plateformes à insectes,
de méandres à suivre, de diversité de
cachette, de feuilles à manger qui multiplient les formes de
vie.
Les arbres des parcs
urbains au pied desquels l’herbe est tondue à ras,
auraient besoin d’être entourés
d’un ourlet herbeux et d'être support à
des plantes grimpantes qui augmenteraient les possibilités
d’échanges de la micro-faune locale.
Les arbres
d’alignements sont limités dans leurs
utilités écologiques de par leur isolement, mais
les plantations à leur pied pourraient les renforcer :
ourlet herbeux, arbustes, plantes grimpantes.
La falaise en
milieu naturel, via des successions de plantes qu’elle pourra
accueillir dans ses cavités et reliefs, permettra de relier
ses deux étages (son front et sa base) et de
multiplier ainsi les échanges floristiques et faunistiques
ascendants et descendants. Ainsi, si une toiture
végétalisée n'était pas
reliée au sol par des plantes grimpantes depuis le bas de
l’immeuble, ou par une colonne de pierre sèche ou
un gabion, les échanges écologiques
n’auraient pour support que le déplacement des
oiseaux et l'effet du vent. Et la diversité floristique et
faunistique ne se mettrait pas en place sur ce toit, souvent
déjà desservi par la mise en place de
sédums horticoles par les professionnels de
l'étanchéité,
sélectionné pour leur capacité de
résistance à la sécheresse et non pour
leurs qualités nectarifères, leurs
capacités de nourrissage...
La
connectivité horizontale entre les
espaces
Un
bois ou un bosquet urbain qui ne serait pas relié
à une zone humide de proximité (mare, bassin,
canal ou rivière dont les berges doivent
également être accessibles) ne pourrait jouer
pleinement son rôle de substitution. Si cette
connectivité n’est pas possible, il est alors
envisageable de creuser une mare au milieu de ce bosquet urbain.
Rendre
possible cette connectivité, c’est imaginer
comment la faune présente (ou potentiellement
présente) pourra se déplacer
jusqu’à cette ressource en eau, et y avoir
accès. C’est donc rendre possible des trajets
qui ne soient pas interrompus par des voies de circulation ou des
constructions et qui respectent les modes de
déplacements : au sol, d’arbre en arbre,
d’ombre en ombre, d’abri en abri, suivant une
certaine densité végétale,
humidité ou fraîcheur de l’air.
Des crapauducs
sous les voies de circulation sont quelques fois mis en place, et
peuvent ainsi limiter la mortalité des batraciens qui se
déplacent vers leurs lieux de reproduction. Des passages
pour les poissons sont également introduits
là où il y a des barrages ou des ouvrages
hydro-électriques.
Entre deux jardins, des
grillages ou des clôtures de bois qui présentent
des maillages larges, notamment au sol, permettront
au hérisson de se déplacer, de même
qu’à la musaraigne.
La
végétalisation des murs et clôtures
favorisent également les échanges entre deux
espaces.
Sur les
voies d’autoroutes, ce sont des éco-ponts qui sont
parfois aménagés ou des passages à
faune souterrains.
Au regard de la
fragmentation de notre territoire, ces procédés
devraient se généraliser. En ville, la (trop)
faible diversité des espèces se
déplaçant au sol ne rend pas compliqué
cet exercice. En Angleterre, le hérisson, la
musaraigne, le lérot, les batraciens, la fouine mais
également le renard et le blaireau ont
trouvé leur place dans les milieux urbains en suivant le
trajet des voies ferrées.
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